Les coopains d'abord

L’association vit grâce à ses bénévoles et ne dégage pas de bénéfices. Puis progressivement, en région, une puis trois centrales d’achat voient le jour. D’un magasin à l’autre, on retrouve petit à petit une unité dans les produits, les mêmes exigences.
Octobre 2002, près de Bordeaux. Lors d’une assemblée extraordinaire, Biocoop devient une coopérative. Consommateurs, producteurs et salariés gagnent leur place au conseil d’administration auprès des gérants de magasin (coop, SARL, etc.). Cette organisation démocratique multipartie est unique en France. Biocoop en fait sa marque de fabrique.
À l'aube de la bio
Le label AB, créé en 1985, émerge tout juste. Biocoop se montre ferme sur la qualité et met la barre haut. Surprise : les producteurs et les transformateurs suivent. L’association profite de son congrès de 1993 pour préparer son nouveau cahier des charges aux petits oignons. La priorité aux produits régionaux, frais, de saison, au vrac et au bio quand il y en a !
Militante par nature, la coopérative marche aux côtés d’associations comme Les Amis de la Terre ou Agir pour l’environnement. Certaines batailles portent leurs fruits : en 2008, la culture OGM est définitivement interdite en France. Six ans plus tard, le commerce équitable d’origine France entre dans la loi sur l’économie sociale et solidaire. D’autres, comme celle contre le chauffage des serres maraîchères en bio, n’ont pas abouti. Mais Biocoop refuse de vendre des légumes qui en sont issus.
Malgré les bâtons dans les roues, la coopérative continue à défendre la vie sous toutes ses formes. Les prochaines urgences ? Sauvegarder la biodiversité, en montrant l’exemple dans les rayons, et réduire son empreinte carbone.

Plus cap que jamais
Congrès Biocoop 2008 réunissant les sociétaires magasins, paysans, salariés et représentants des consommateurs.
Une organisation bien huilée, avec plus de 740 magasins, 20 groupements de producteurs, des salariés et des consommateurs qui mouillent le tablier pour faire rimer bio exigeante et budget raisonnable… à 40 ans, Biocoop a mûri. Et veut grandir encore, oui, mais sans oublier d’où elle vient et où elle va...
« Notre priorité restera toujours d’essayer de changer les choses, rappelle Frédéric Faure, vice-président du conseil d‘administration de Biocoop. Nous sommes là pour influencer le monde, pas pour survivre. Et même si cela devait nous coûter notre position ou notre croissance, tant pis, il faudrait garder le cap malgré tout. Plus tard, nous pourrions être cette graine qui refleurit quand l’incendie a pris fin. »
